Mission de l'Immaculée, Saint Maximilien Kolbe, Prophète de la civilisation et de l'amour

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Saint Maximilien Kolbe

 

 

 

 

Que dois-je faire ? 

    •   Se laisser aimer par Dieu…

      C’est la demande que l’on nous pose le plus souvent quand on veut  consacrer sa vie  au Christ à travers la Vierge Marie comme membre de la mission de l’Immaculée. Pour répondre à cette question redécouvrons la première expérience forte qu’ont vécue  sainte Bernadette et saint Maximilien Kolbe.

      Quand Bernadette parle du récit des apparitions, elle nous dit que « la Belle Dame lui souriait », qu’il y avait entre elles une réelle complicité sans qu’elles n’échangent beaucoup de paroles. D’ailleurs les premières paroles que lui adresse la Vierge Marie la marqueront à jamais : « Voulez vous me faire la grâce de venir ici pendant quinze jours ». Aucune personne ne lui avait jamais parlé ainsi, elle s’était sentie pour la première fois une vraie personne, elle qui était souvent méprisée parce qu’elle ne savait ni lire ni écrire. Elle a acceptée d’être considérée et aimée telle qu’elle était par Marie et par Dieu.  

      Maximilien rentre dans l’Église de Piabianice en larmes à l’âge de dix ans après avoir été grondé par sa mère pour sa turbulence qui lui demande : « que vas-tu devenir ? » Quand il ressort de l’Église sa mère le voit tellement transformé qu’elle l’interroge sur ce qui lui est arrivé. Il va lui raconter la vision de la Vierge Marie qui lui a souri comme à Bernadette. Il accueille cet amour malgré l’expérience qu’il fait d’être pécheur.

      L’amour de Dieu est un don gratuit et infini, il ne nous demande pas de mériter cet amour mais simplement de l’accepter : « ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu mais c’est lui qui nous a aimés » (1Jn 4,10). Il nous a désirés de toute éternité, il nous aime tels que nous sommes, sa première exigence est que nous laissions son regard se porter sur nous. Nous sommes hors de prix pour lui, le Christ a donné sa vie pour nous sur la croix, assoiffé que nous accueillons cet amour (Jn 19,28). Comme Maximilien et Bernadette laissons-nous envahir par la joie de cet amour qui nous comble.

      …y compris dans notre faiblesse de pécheur

Mais se laisser aimer dans notre pauvreté, dans nos blessures, nos faiblesses de pécheurs,  ce n’est pas facile, rappelons nous de la réaction de saint Pierre après la pêche miraculeuse : « Éloigne-toi  de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur ! » (Lc 5,8). Pourtant le Christ n’a cessé d’aller vers les pécheurs, souvenons nous des paroles de Jésus à Zachée : « Zachée, descends vite car il me faut aujourd’hui demeurer chez toi » (Lc 19,5). Ainsi il veut nous rejoindre, il nous connaît tels que nous sommes et cela ne l’empêche pas de croire en nous.    

Notre infidélité ne l’empêche pas de nous rester fidèle, sa compassion, son amour pour nous est sans limite, et d’ailleurs il n’a pas hésité dans son incarnation à épouser toute la faiblesse de notre humanité, nous le constatons très fortement en particulier à Gethsémani. 

Laissons-le porter son regard sur nous, comprenons que quand il nous montre nos péchés, nos faiblesses, nos blessures, nos pauvretés, il ne veut pas nous accuser, nous accabler mais au contraire nous rejoindre pour nous faire miséricorde et qu’il nous demande d’être même miséricordieux envers nous-mêmes : sur la croix le Christ a crié sa soif que nous accueillons son amour (Jn 19,28). C’est ainsi que  saint Pierre fera vraiment l’expérience de toute sa faiblesse lors de son reniement. Pourtant il acceptera de croiser le regard d’amour de Jésus ouvrant son cœur au repentir (Lc 22,61-62). Lors de la seconde pêche miraculeuse Pierre ne fuira pas, lorsque par deux fois le Christ lui demandera : « Pierre m’aime tu  d’un amour agapè » (jusqu’au don de tout toi-même) ? » Pierre lui répondra en toute sincérité qu’il ne l’aime que d’un amour d’amitié, alors le Christ pourra donc rejoindre Pierre qui ne fuit plus comme Adam et Ève (Gn 3,8) en lui demandant la troisième fois : Pierre m’aimes tu d’un amour d’amitié ? (Jn 21,15-17). Apprenons comme Pierre à appeler Dieu à nous rejoindre dans notre faiblesse.

 

   •   Convertir notre regard sur nos frères

Après avoir converti notre regard sur nous-même, convertissons notre regard sur les autres. Rappelons-nous de la guérison de l’aveugle de Bethsaïde  (Mc 8,22-25 : guérison de l’aveugle en 2 temps). Nous  avons souvent du mal à distinguer chez nos frères, qui semblent loin de la foi, des aspects qui nous montrent que le Christ reste présent en eux. Pourtant ils sont habités de valeurs de vies importantes pour eux, aspirent à donner un sens profond à leur vie, se laissent marquer par des exemple de vie qui les interpellent. Rappelons-nous du succès qu’a connu le film « Des hommes et des dieux » et n’oublions pas que le réalisateur de ce film était agnostique : cela devrait nous encourager, nous convaincre : ce monde est vraiment en attente de la bonne nouvelle ! Nous sommes appelés à ne pas nous décourager. Le Christ n’a cessé d’aller vers les pécheurs et ils lui ont fait bon accueil (le publicain Lévi, Zachée), l’ont émerveillé par leur foi (le centurion romain, la syro-phénicienne). Rappelons-nous de saint François qui en pleine croisade est allé rencontrer le sultan et a pu discuter avec lui dans un esprit de paix et de respect. Cela a inspiré la rencontre de prière pour la paix des responsables des différentes religions organisées à Assise en 1986 par Jean Paul II. Les évènements que nous venons de vivre voudraient nous laisser croire que la haine est plus forte que tout ; mais non, l’amour est plus fort que la haine, la miséricorde plus forte que la vengeance. Sur la croix, devant une foule qui crie sa haine, le Christ n’hésite pas à implorer la miséricorde de son Père (Lc 23,34) et à demander à Marie d’adopter chacun de nous,  à travers l’Apôtre Jean (Jn 19,26). Par ces actes, la foules va reconnaitre la divinité du Christ et entrer dans un vrai repentir (Lc 23,47-48). Suivant cet exemple, Maximilien Kolbe a eu l’audace de croire que les SS nazis pouvaient accepter de gracier un père de famille et qu’il parviendrait à encourager ses compagnons de cellule à pardonner et à prier pour ceux qui leur infligeaient les pires souffrances. Rappelons-nous en cette année de la Miséricorde que l’Amour de Dieu est plus fort que tout.

      Que ta main droite ignore ce que fait ta main gauche

N’oublions pas que nos résolutions  n’ont qu’un seul but : notre conversion ; ne nous glorifions pas des efforts que nous nous sommes résolus de prendre, là n’est pas notre finalité. Prenons conscience que nous chrétiens ne sommes pas les seuls à choisir de faire des sacrifices, à s’investir pour les autres ; cela est commun à toute l’humanité.

 Des personnes ont choisi des professions exigeantes au service des autres en terme de sacrifices pour leurs familles, pensons par exemple aux personnes qui exercent des professions médicales. Pensons aux familles qui se dépensent sans compter, à la limite de leurs forces pour soutenir et apporter le meilleur à un membre de leur famille lourdement malade ou handicapé. Des personnes du fait de maladies sont soumises à de durs régimes, de lourds  traitements qu’elles doivent subir sans les avoir choisis. D’autres personnes décident d’effectuer de gros sacrifices pour des choses éphémères mais pour lesquelles elles ont placé des espoirs illusoires signifiant ainsi qu’elles cherchent à donner un sens à leur vie.

Comprenons que ces personnes pour lesquelles le Christ a donné sa vie comme pour nous ont des valeurs, ou sont en recherche de valeurs. L’objectif de ce temps de carême et de toute notre vie est de changer notre regard sur le monde. Nous sommes appelés à aimer, à espérer, à avoir compassion pour ce monde qui est habité d’aspirations profondes à plus de justice, de solidarité, d’amour, est déterminé à lutter contre la misère. Constatons que ce monde est en quête de miséricorde. Si ce monde court pour une couronne qui se flétrit, il met souvent plus de détermination dans les sacrifices que nous qui courrons pour une couronne qui ne se flétrit pas (cf 1Co 9,25). Grandissons dans l’humilité pour suivre Celui qui est doux et humble de cœur (Mt 11,29). Demandons à l’Immaculée de purifier notre cœur pour qu’elle nous dispose à nous mettre au service de nos frères avec un vrai esprit d’amour et de compassion à l’image de son Fils.

     Concrètement l’ évangélisation n’est  pas…

La mission de l’Immaculée n’a pas été fondée seulement par saint Maximilien Kolbe en 1917 à Rome, mais bien par sept jeunes frères franciscains qui ont offert leurs vies au Christ par les mains de l’Immaculée. Parmi ces frères fondateurs deux d’entre eux mourront l’année suivante. Malgré l’importance de son activité missionnaire rappelons-nous que le père Maximilien Kolbe lui-même atteint de tuberculose était contraint à de longues périodes d’inactivité (des périodes de 7 mois en sanatorium).

À Lourdes, lieu où elle a confirmé son Immaculée Conception, la Vierge Marie est apparue à Bernadette Soubirous, une enfant de 14 ans qui savait à peine lire et écrire, qui se définissait elle-même comme ne sachant rien faire. Lourdes est le lieu où les malades « convertissent » les hospitaliers qui les accompagnent, non par les actes qu’ils font, mais par cette paix, cette sérénité qu’ils dégagent. L’Église a choisie comme patronne des missions sainte Thérèse de Lisieux, une sœur carmélite morte à 24 ans.

 Dans les évangiles, il est finalement dit peu de choses sur la Vierge Marie et sur son activité. Ainsi ce qui est premier n’est pas le « faire » mais l’ « être » avec lequel Dieu veut rentrer relation pour se faire connaitre de lui et lui donner de se connaitre. Ce que l’on peut transmettre aux autres c’est ce que nous sommes et ce que nous vivons. Dieu veut utiliser nos compétences, nos sensibilités, nos faiblesses et même nos blessures pour que nous soyons sensibles à celles de nos frères. Il veut que nous fassions expérience de sa proximité comme l’a faite la Vierge Marie, les apôtres. C’est seulement à partir du moment où nous acceptons de choisir de faire confiance à Marie  qui nous connait mieux que nous nous connaissons et décidons de la laisser diriger notre vie que celle-ci devient féconde. Maximilien n’a rien fait d’autre en s’abandonnant à la Vierge Marie que de devenir plus pleinement lui-même. Donc la première chose à faire est de s’abandonner totalement à Dieu à travers la Vierge Marie pour faire expérience de sa fidélité, car Dieu et Marie veulent non seulement la conversion de nos frères et sœurs mais aussi la nôtre.

      … un challenge mais un acte d’amour

 La première chose qu’ont due apprendre saint Maximilien Kolbe, sainte Bernadette Soubirous, sainte Thérèse de l’enfant Jésus c’est de se laisser aimer. Dans l’Évangile nous ne cessons de voir le Christ porter son regard sur les personnes, d’être saisi de compassion pour elles c’est-à-dire de les aimer. Saint Pierre lui-même doit renoncer à penser que le Christ l’aime pour ses mérites lors de son reniement (Lc 23,54-62).

La première conversion consiste à accepter que Dieu nous aime, qu’il a choisi irrémédiablement de nous aimer. C’est par l’impuissance  de la Croix que le Christ  a convaincu la foule de son amour : « Et toutes les foules qui s’étaient rassemblées pour ce spectacle, voyant ce qui était arrivé, s’en retournaient en se frappant la poitrine » (Lc 23,48). L’amour de Dieu ne veut pas s’imposer mais se proposer à nous. Or le désir de nous laisser aimer et d’aimer est le désir le plus profondément enraciné en nous, c’est ce qui nous est le plus naturel. Ce sont nos blessures nos fragilités que nous cherchons à refouler et à masquer qui nous rendent hermétiques à l’amour.

 Face à ces blessures écoutons ce que saint Paul nous dit sur ce que fait l’amour : « L’amour prend patience, l’amour rend service, il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil, il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt, il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de l’injustice, mais il trouve sa joie dans la vérité. Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout » (1Co 13,4-7). Ainsi toute volonté de vouloir convertir nos frères sera vaine et inutile si nous ne commençons pas par la première chose essentielle :  les aimer. Nous sommes appelés non pas à chercher le succès immédiat mais à aimer comme le Christ et Marie de façon volontaire et gratuite. Nous ne sommes pas appelés à prononcer des paroles convaincantes mais d’amour même si elles peuvent être refusées. Rappelons-nous des paroles du Psaume : « Il s’en va, il s’en va en pleurant, chargé du sac de semence. Il revient, il revient avec joie, chargé de ses gerbes » (Ps 126).

        Instrument, esclave, termes choquants?  

Dans leurs actes de consécration au Christ par la Vierge Marie, saint Maximilien Kolbe et saint Louis Marie Grignon de Montfort s’offrent comme instrument ou comme esclave. Cela peut être déstabilisant pour nous. Ces termes ne sont-ils pas exagérés, cela ne signifie-t-il pas que nous devons renoncer à toute espèce de liberté alors que  Dieu nous dit qu’il veut nous conduire à la vérité toute entière pour que nous soyons libres ? Peut-on concevoir d’être libre en prenant son joug qui est doux et son fardeau léger (Mt 5,29-30) ?

Redécouvrons l’histoire d’Israël. Le peuple Hébreux a vécu une période de servitude qui a duré 400 ans. Par l’intermédiaire de Moïse, Dieu va libérer son peuple. Dans cette expérience vécue de la sortie d’esclavage Dieu invite le peuple Hébreux  à en tirer un enseignement. Se souvenant de ce qu’il a subi en Égypte, il est appelé à ne pas faire subir à ses esclaves ce que lui-même a subi mais au  contraire  à les traiter avec bienveillance (Ex 23,9). Dans l’Évangile nous avons le beau témoignage du centurion romain qui vient trouver Jésus pour guérir son esclave (Lc  7,1-10). Le centurion témoigne que le pouvoir qu’il a reçu n’est pas lié à un mérite de sa part mais est le fruit d’un don reçu qui engage sa responsabilité envers ceux qu’il doit diriger avec bienveillance.

C’est ainsi que nous sommes appelés à percevoir Dieu comme un bon maitre comme le fait remarquer Jésus à l’homme riche. Celui-ci mène une vie exemplaire qui ne parvient à combler ses désirs (Mc 10,17-22).   Le Christ l’invite alors à être en cohérence avec ce qu’il dit : le choisir lui et lui seul comme source d’unique bien c'est à dire à renoncer à ses sécurités auxquelles il est enchainé. Attitude particulière de maitre il nous propose de nous mettre sous son joug, il ne nous l’impose pas, il nous invite à choisir en toute liberté de nous soumettre sous son esclavage en réponse à son amour. C’est un appel à l’abandon confiant qui engage mais qui seul peut nous combler dans nos aspirations profondes qui sont infinies et que les sécurités que nous nous construisons et où nous enfermons nous-mêmes  ne peuvent satisfaire.

Revenons sur la sortie d’Égypte du peuple Hébreux. Par l’intermédiaire de Moïse, Dieu va libérer son peuple. Pourtant dès le départ, Dieu lui fait faire un détour pour qu’il n’ait pas envie de retourner en Égypte (Ex 13,17). Et durant tout le temps où le peuple va errer au désert, celui-ci ne va cesser de regretter son époque d’esclavage lorsqu’il rencontrera des épreuves (Ex 14,11-12 ; 16,3 ; 17,3 ;…). Quand nous sommes dans la difficulté, nous faisons expérience de nos limites et recherchons dans nos esclavages une sorte de sécurité.

Dans les évangiles, nous voyons Jésus demandez à ceux qui le supplient tels que les deux aveugles de Jéricho ce qu’ils veulent qu’il fasse pour eux (Mt 20,32). Ainsi par cette demande, Jésus invite les malades à exprimer clairement leur volonté de guérir, de sortir de leurs dépendances. Et d’ailleurs aussitôt après leurs guérisons ils le suivent (Mt 20,33). Ils ne font pas comme l’homme riche qui bien qu’il soit plein de désirs ne se résout pas à le suivre et part tout triste (Mc 10,17-22). Pouvons-nous ne pas prendre son joug et son fardeau léger(Mt 5,29-30) et être libres de tout esclavage ? Il semble bien que cela ne soit pas possible : nous ne pouvons que reconnaitre notre faiblesse. Regardons le Christ dans son incarnation qui n’a pas eu peur d’être faible en particulier à Gethsémani. C’est cette faiblesse  à laquelle l’amour de Dieu ne peut résister. C’est lorsque nous acceptons d’être faibles devant Dieu que nous pouvons ressentir tout l’amour de Dieu. Ce que nous désirons le plus c’est d’être aimé et d’aimer mais cela nous fait peur car l’amour invite à renoncer à toute sécurité, à être totalement vulnérable. C’est pourquoi nous refusons d’être aimé sans que nous l’ayons obtenu par nos propres moyens: cela est le pire esclavage car en voulant le mériter nous y devenons hermétiques. Croyons saint Paul quand il nous dit : lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort (2Co 12,10). Soyons dépendants, esclaves de l’amour de Dieu, nous serons faibles mais heureux comme nous le promettent les Béatitudes (Mt 5,1-12).

Le terme « instrument » nous semble également choquant. Sommes-nous donc sans valeur ? Lorsque un inventeur invente un instrument c’est pour améliorer la vie de ses compatriotes. Son œuvre est en quelque sorte le prolongement de son bras, un reflet de ce qu’il est.

Dès le départ, Dieu a eu ce projet pour l’homme qu’il a créé à son image pour qu’il administre la création (Gn 1,26-27). Regardons avec quel soin il l’a façonné avec la glaise et lui a insufflé son Esprit (Gn 2,7). Ce que l’homme porte au plus profond de son cœur c’est le projet que Dieu a mis en lui (Dt 30,14 ; Rm 10,8). Mais dans son amour infini, Dieu a voulu que nous soyons libres de choisir de suivre ou non son projet : il n’a pas voulu instrumentalisé son œuvre c’est-à-dire l’utiliser sans se soucier d’elle. Au contraire Dieu ne cesse de se préoccuper de nous et c’est à cette lumière que l’on relit le chapitre 3 du livre de la Genèse. Les paroles de Gn 3,16-19 ne sont pas des paroles de malédictions, mais, plutôt un parcours proposé à l’homme afin qu’il redécouvre les aspirations profondes mises en lui par Dieu lui-même, qui le font avancer malgré ses limites. D’ailleurs Dieu ne cesse pas de prendre soin de l’homme puisqu’il lui fabrique des tuniques (Gn 3,21), laissant  l’homme libre de  décider de se passer de lui.

Ainsi lors de l’annonciation (Lc 1,24-38), la Vierge Marie est invitée en toute liberté à adhérer au projet de Dieu pour elle et pour toute l’humanité. Son oui n’est pas un oui passif, comme en témoigne sa question : « comment cela se fera-t-il puisque je ne connais pas d’homme? » et sa réponse finale où elle s’affirme comme servante du Seigneur (Lc 1,34 ;38).

Le Christ lui-même s’est affirmé comme instrument du Père en imitant dans un total élan d’amour son exemple(Jn 5,19-20). Ainsi le Christ a glorifié son Père en menant à bien l’œuvre qu’il lui avait donnée de faire (Jn 17,4). Le Christ a mis toute sa volonté à accomplir la volonté du Père jusqu’au don de lui-même comme il l’affirme à Pierre (Jn 18,11) et sur la Croix (Jn 19,30), lui qui est notre ainé des Fils aimé de Dieu comme l’affirme saint Paul (Rm 8,28-30).

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